3.
Défi

 

L’hiver s’est abattu sur nous, cher Colin, et il est bien rude comparé à la douceur de Weymouth. Il ne gèle point, pas plus qu’il ne neige, mais le vent froid est si humide qu’il nous transit jusqu’aux os. Colin, je n’ai pas failli à ma dévotion envers ce peuple, ni à l’appel béni de répandre la parole de Dieu. Pourtant, je t’assure que les habitants de Barra Head se méfient énormément de moi, des autres frères (nous sommes cinq) et même de notre père Benedict, qui est un homme saint entre les saints. Les têtes se détournent sur notre passage lorsque nous traversons le village, les chiens aboient, les enfants courent se cacher. Aujourd’hui, j’ai découvert une inscription sur la porte de l’abbaye. Une étoile dans un cercle. Lorsque j’ai vu ce signe démoniaque, mon sang s’est figé dans mes veines.

 

Frère Sinestus Tor, à Colin, janvier 1768

 

 

* * *

 

 

Je suis restée un instant immobile sur le perron à dévisager Eoife McNabb. J’avais l’impression d’avoir reçu un coup de massue.

Puis je me suis rendu compte de mon impolitesse.

— Euh… vous voulez entrer ?

— Oui, merci.

Elle m’a suivie à l’intérieur et a inspecté le hall et le salon. Son inquiétude et sa nervosité étaient palpables. Elle a dû sentir que j’étais à l’écoute de ses émotions, car elle m’a dévisagée longuement.

— Hum… asseyez-vous, Eva, ai-je suggéré en indiquant le canapé. Voulez-vous quelque chose à boire ? Du thé, peut-être ?

Puisqu’elle avait un accent aux consonances écossaises, le thé me paraissait approprié.

— Je m’appelle Eoife, pas Eva, même si ça se prononce presque de la même façon. Et je veux bien du thé, merci, a-t-elle répondu en souriant.

Une fois dans le salon, elle a ôté son lourd manteau de laine. En dessous, elle portait un pantalon noir et un pull à col roulé rose qui jurait prodigieusement avec sa chevelure poil-de-carotte. Son image ne m’a pas quittée tandis que j’allais dans la cuisine pour mettre la bouilloire à chauffer. Elle n’avait pas de taches de rousseur et, malgré sa peau lisse, dépourvue de rides, elle donnait l’impression d’être plus âgée qu’il n’y paraissait. Elle pouvait avoir la quarantaine.

Je suis revenue avec un plateau quelques minutes plus tard. Eoife a attendu que j’aie déposé nos tasses sur la table basse, puis elle a levé les yeux vers moi et m’a observée comme si elle voyait enfin une pièce de musée dont elle avait beaucoup entendu parler. J’ai soutenu son regard.

— Comment savez-vous qui je suis ?

— Rares sont les membres du Conseil à ne pas te connaître, a-t-elle répondu après avoir bu une gorgée de thé. Selene Belltower était sous surveillance depuis des années, ainsi que toutes ses relations. Depuis le début, le Conseil te trouve particulièrement intéressante. Et nous venons tout juste d’apprendre que tu es la fille de Ciaran MacEwan et de Maeve Riordan. Comme tu peux l’imaginer, cela n’a fait que décupler notre intérêt.

— Vous voulez dire que le Conseil m’espionne ?

Pendant une fraction de seconde, elle a eu l’air gênée, puis son expression a changé si vite que j’ai cru avoir rêvé.

— Pas tout à fait, m’a-t-elle détrompée de sa voix mélodieuse. Tu es bien placée pour savoir que les forces obscures existent. Le Conseil tente simplement de protéger tous les sorciers. Et particulièrement ceux qui ont choisi la magye blanche, parce qu’ils connaissent trop bien les dangers que représente la noire.

Alors, où étiez-vous pendant qu’Amyranth tentait de m’arracher mes pouvoirs ? ai-je songé, furieuse.

— Bien sûr, nous savons ce qu’il t’est arrivé à New York.

Lisait-elle donc dans mes pensées ?

— C’est absolument abominable, a-t-elle ajouté. Tu as vécu une expérience terrifiante. Le Conseil souhaiterait d’ailleurs en connaître tous les détails, et pas seulement la version de Hunter.

Hunter. Des griffes de glace m’ont enserré le cœur. Évidemment. C’était le Traqueur du Conseil. Qu’avait-il révélé ? Il en savait plus sur moi que quiconque. J’en ai eu la nausée.

J’ai siroté mon thé en essayant de me calmer. La théine ne donnait pas le même coup de fouet que le Coca light, mais je commençais à m’habituer à cette boisson. C’était un breuvage très magyque.

— Bon, Hunter a donc fait un rapport sur moi, ai-je repris d’un ton que j’espérais détaché. Très bien. Et maintenant, que me voulez-vous ?

Trois mois plus tôt, j’aurais été trop intimidée pour me montrer si directe. Échapper à la mort à plusieurs reprises m’avait permis de relativiser.

— Hunter est loyal envers toi, m’a-t-elle assuré. Et nous nous intéressons à toi pour plusieurs raisons. La première, c’est que tes pouvoirs remarquables ont impressionné nos contacts. Venant d’une sorcière non initiée qui n’a étudié la Wicca que trois mois, certaines de tes prouesses sont tout bonnement inexplicables. La deuxième raison, c’est que tes parents étaient tous deux extrêmement puissants. Et que nous ignorions qu’ils avaient eu une fille. Bradhadair était la sorcière la plus prometteuse que Belwicket ait connue depuis des générations.

Bradhadair était le nom de coven de ma vraie mère. Cela signifiait « la flammèche ».

— Nous connaissions l’existence des autres enfants de Ciaran, bien sûr. Pour te dire la vérité, aucun d’entre eux n’avait soulevé chez nous le moindre enthousiasme.

Ciaran avait eu trois enfants de son ex-femme, restée en Écosse. J’avais rencontré l’un d’eux à New York : Killian.

— Le Conseil a besoin de toi pour retrouver Ciaran.

J’ai failli m’étrangler avec mon thé.

— Pardon ? ai-je réussi à articuler.

— Sais-tu ce qu’est une « vague noire » ?

— C’est… la dévastation totale. Ma mère en parle dans son Livre des Ombres. Une vague noire peut décimer toute une population, raser des maisons, détruire des villages, des covens entiers.

— Tu possèdes le Livre des Ombres de Maeve de Belwicket ? m’a-t-elle interrogée, l’œil brillant.

— Oui… Mais c’est un objet personnel.

Elle s’est adossée au canapé en me dévisageant une fois encore.

— Tu es quelqu’un de très… intéressant, a-t-elle déclaré comme pour elle-même. Très, très intéressant. Oui, a-t-elle poursuivi en reprenant le fil de la conversation, une vague noire sème la destruction. La destruction totale. C’est comme ça que Belwicket a été annihilé. Jusqu’à récemment, personne ne savait que Maeve et Angus avaient survécu.

Angus… J’avais longtemps cru qu’il était mon père. À tort.

— Belwicket n’est pas le seul coven à avoir été rasé par une vague noire, a-t-elle ajouté en sortant une photo de sa mallette en cuir. Ça, c’était Riverwarry.

Elle m’a tendu le cliché, une prise de vue en noir et blanc d’un charmant village. Je n’aurais pas su dire s’il se trouvait en Irlande, en Angleterre, en Écosse ou au pays de Galles.

— Et voilà ce qu’il en reste.

Mon cœur s’est serré lorsque j’ai regardé la deuxième photo. On aurait dit qu’une bombe avait explosé au cœur du village. Il ne restait que des ruines : des pans de mur, des bouts de verre fondu et brillant.

— Il y en a bien d’autres, a-t-elle repris en me désignant la pile de photos dans sa mallette. Chip Munding, Betts’ Field, Knifewind, Crossbrig, Hollysberry, Incdunning. Entre autres.

— Et pourquoi ces covens ont-ils été détruits ?

— À cause de leur savoir et de leur puissance. Ils possédaient de vieux grimoires, des livres de sorts, des outils, des cartes du ciel ou des plans qu’Amyranth convoitait. Amyranth engrange les connaissances à n’importe quel prix. Comme tu as pu le constater, ses membres sont prêts à arracher les pouvoirs d’autres sorciers pour acquérir plus de puissance. Pour nous, ce sont des Woodbane « à l’ancienne », car ils suivent les préceptes traditionnels du clan : le savoir, c’est le pouvoir, et le pouvoir compte plus que tout.

Elle savait à l’évidence que j’étais moi-même une Woodbane. Belwicket avait été un coven de Woodbane « repentis », car ses membres avaient renoncé à la magye noire et avaient juré d’utiliser leurs pouvoirs à bon escient. Ciaran, lui, appartenait à la vieille école. J’avais donc un pied dans la magye blanche, l’autre dans la magye noire.

— Ces photos sont épouvantables… Quel est le rapport avec moi ?

— Selon nos informateurs, Amyranth prépare une autre vague noire, m’a-t-elle expliqué en rangeant les clichés. Ici, à Widow’s Vale. Starlocket est leur nouvelle cible.

J’en suis restée bouche bée. Je ne m’attendais pas à ça. Starlocket était l’ancien coven de Selene. Lorsqu’elle avait quitté la ville, ses plus fidèles partisans l’avaient suivie. Les autres, des Woodbane repentis, des sorciers de sang issus des six autres clans – Leapvaughn, Brightendale, Vikroth, Rowanwand, Burnhide et Wyndenkell – et des sorciers ordinaires, avaient demandé à mon amie Alyce Fernbrake – la propriétaire de Magye Pratique – de succéder à Selene.

Depuis que j’avais découvert mes pouvoirs, Alyce avait toujours été bonne conseillère. Après notre tàth meànma brach, rituel au cours duquel nous avions échangé notre expérience et notre savoir, je me sentais très proche d’elle.

Et maintenant, j’apprenais que mon père biologique et son coven complotaient pour détruire Starlocket.

— Comment se fait-il que vous en sachiez autant ? ai-je demandé.

— L’un de nos agents, une femme, avait infiltré la branche de San Francisco d’Amyranth. Elle nous a informés de ce projet dans son dernier message. Juste avant sa mort.

— Elle est morte ?

— Oui. Assassinée. On l’a trouvée noyée dans la baie, avec le sceau d’Amyranth gravé dans la peau.

— Par la Déesse !… Mais, si elle a été tuée pour vous avoir transmis cette information, Amyranth sait que le Conseil est au courant. Ciaran va changer ses plans.

— Pas nécessairement, a-t-elle répondu avec amertume. Après tout, nous avons jusque-là brillé par notre incompétence : nous avons été incapables de découvrir quoi que ce soit sur les autres branches d’Amyranth, et en particulier sur celle de New York. Même si nous connaissons leur plan, nous ne sommes guère avancés. Alyce et d’autres sorciers de Starlocket ont reçu des visions déroutantes. Certains de leurs sorts ont terriblement mal tourné. Ils font des cauchemars. Comme si un nœud coulant se resserrait peu à peu autour de leur cou.

— Pourquoi le Conseil ne peut-il intervenir ? N’est-il pas constitué des sorciers les plus puissants ?

— Nous ne sommes ni des dieux ni des déesses. Savoir qu’une vague noire se profile à l’horizon ne nous aide en rien à l’arrêter. En toute honnêteté, nous ne savons pas quoi faire pour l’empêcher.

— Et moi, dans tout ça ?

Mon invitée a inspiré profondément pour contrôler ses émotions. Ses doigts tremblaient presque imperceptiblement lorsqu’elle a repris une gorgée de thé – sans doute froid, à présent.

— Nous voulons que tu nous aides à les empêcher de faire déferler la vague noire.

Ma vision s’est voilée. Des images stroboscopiques de ma mésaventure new-yorkaise ont défilé devant mes yeux, et ma respiration s’est accélérée. J’ai secoué la tête pour recouvrer mes esprits.

— Eoife, ai-je soufflé. J’ai dix-sept ans. Je n’ai jamais été initiée. Et je ne vois vraiment pas ce que je peux faire pour vous.

— Nous connaissons ta situation. Cependant, ta force est colossale. Et tu es notre seul espoir, a-t-elle conclu en essayant vainement de dissimuler sa détresse.

— Pourquoi ?

— Tu es la fille de Ciaran. Et celle de l’amour de sa vie. Et tu es très, très puissante. Ces différents éléments l’attireront forcément vers toi. Tu pourrais te rapprocher de lui.

— Et ensuite ? me suis-je écriée en tentant de ne pas hurler comme une hystérique.

— Nous avons besoin d’informations. Pour l’instant, nous savons qu’Amyranth a prévu de frapper Starlocket pendant les célébrations d’Imbolc. Nous aurions une chance de les arrêter si tu parvenais à découvrir quelques mots de la formule qu’ils comptent utiliser pour invoquer la vague noire. Si Ciaran te prenait pour confidente, tu pourrais obtenir ces informations.

Je l’ai dévisagée, incrédule.

— Et s’il essayait plutôt de m’assassiner ?

— C’est ton père. Il a empêché son coven de te tuer à New York.

J’ai soupiré en croisant les bras sur ma poitrine.

— Bon. Se rapprocher de Ciaran. En apprendre le plus possible sur la vague noire. Bon sang, on croit rêver !

— Et ce n’est pas tout, a-t-elle ajouté en me gratifiant d’un regard serein.

— Allons donc…

Elle s’est tortillée un peu sur le canapé avant de répondre :

— Si tu parvenais à poser sur lui un sceau de détection, cela nous aiderait à suivre ses mouvements.

— Et comment suis-je censée accomplir une chose pareille ? Il est mille fois plus puissant que moi !

J’étais si effrayée à présent que je n’avais plus la patience de poursuivre cette conversation ridicule. Ce que cette femme suggérait risquait bel et bien de me coûter la vie.

— Tu te trompes, il n’est pas tellement plus puissant que toi, a-t-elle répondu en évitant mon regard. Et puis, nous comptons bien sûr t’apprendre le rituel. Te couvrir à l’aide de sorts de protection et de dissimulation, en utilisant toutes les armes dont nous disposons. Avec un peu de chance, tu pourrais même assister à l’un des cercles d’Amyranth. La moindre information que tu pourrais en tirer nous serait utile. Plus nous en saurons sur eux, plus nous aurons de chances de démanteler leur coven, de leur arracher leurs pouvoirs, de les isoler pour qu’ils ne puissent plus nuire. Avec ton aide, nous pouvons sauver les sorciers de Starlocket. Sans toi, ils sont perdus.

— Les membres d’Amyranth me reconnaîtront !

— Ils savent à présent que tu es la fille de leur chef. Ils croiront sans mal que tu veux te rapprocher de lui.

— Vous devez bien avoir des agents plus qualifiés, ai-je protesté, incapable d’adhérer à cette histoire de fous.

— Non, Morgan. La branche de San Francisco était la seule que nous avions réussi à infiltrer – avec le dénouement que l’on connaît. Si nous te demandons de prendre un tel risque, c’est que nous sommes vraiment désespérés. Amyranth a gagné en puissance au cours des trente dernières années, pas nous. Cependant, à présent, tu es là. La fille de l’un des chefs d’Amyranth. Ciaran est charismatique et possède des pouvoirs incroyables. N’importe qui penserait que tu veux simplement apprendre à son côté.

— Et vous, qu’en pensez-vous ? Je suis sa fille, après tout. Vous pensez que je pourrais me tourner vers les forces obscures ?

Elle a soutenu mon regard sans broncher.

— Par le passé, de grands sorciers ont succombé à l’appel des ténèbres, c’est vrai. Mais la plupart ont résisté, Morgan.

Qu’en serait-il pour moi ?

— Par la Déesse… ai-je soupiré en me levant pour faire les cent pas dans la pièce.

Je me suis étiré les bras, perdue dans mes pensées. J’ai fini par prendre conscience de la fraîcheur ambiante. Je me suis agenouillée devant la cheminée pour faire un petit tas de brindilles. Après avoir cherché en vain des allumettes, j’ai pensé : « Du feu ! », et une étincelle a crépité dans l’âtre. Les brindilles se sont embrasées aussitôt, et j’ai posé deux bûches par-dessus. Ensuite, je me suis relevée en me frottant les mains.

— Je ne l’ai pas cru, lorsqu’on m’a dit que tu pouvais allumer un feu à distance.

De nouveau, son regard m’étudiait, me scrutait, me disséquait.

— J’aime le feu, ai-je répliqué en haussant les épaules, un peu gênée.

— Lorsqu’elle était novice, l’un de mes professeurs avait dû étudier plus de trois ans pour apprendre à invoquer le feu.

— Comment peut-on apprendre ? On a ça en nous, c’est inné.

— Non, ma chère, a-t-elle répondu en s’adoucissant pour la première fois depuis son arrivée. La plupart du temps, c’est loin d’être aussi simple.

Je me suis rassise en croisant les doigts. Me rapprocher de Ciaran… Rien que l’idée me nouait l’estomac. Mon père biologique était l’incarnation du mal, un assassin coupable de centaines de crimes horribles. C’était l’image même de tout ce qu’on avait toujours reproché aux Woodbane. Il avait assassiné ma mère, avait failli me tuer moi aussi. Et pourtant…

Pourtant, avant de connaître son identité, j’avais ressenti une étrange attirance pour cet homme. Je devinais en lui une puissance sans pareille, et je voulais qu’il m’enseigne tout ce qu’il savait. Il s’était passé tant de choses, et je n’avais pas encore assemblé toutes les pièces du puzzle. Et maintenant, Eoife me demandait d’entretenir une fausse relation filiale avec lui afin de l’espionner pour le compte du Conseil – dont le but était sans doute de le capturer et de le déposséder de ses pouvoirs. J’avais assisté à un rituel identique, lorsque Hunter avait châtié David, et j’en frémissais encore. La plupart des sorciers qui perdaient leur magye ne s’en remettaient jamais. Ils survivaient dans une morne existence en attendant la fin. Voilà ce qu’Eoife et le Conseil voulaient infliger à Ciaran. Et ils me demandaient ma collaboration.

— Je ne vais pas te mentir, a-t-elle repris. Ce sera difficile et très dangereux. Tu seras tentée par les ténèbres, comme nous le sommes tous à un moment ou à un autre. Il t’appartient d’y résister ou non. Tu imagines sans mal ce qu’il t’arrivera s’ils te percent à jour, a-t-elle ajouté en baissant les yeux vers ses mains croisées sur ses genoux. Cependant, si tu réussis, tu auras sauvé Starlocket, ainsi que tous les autres covens qui risquent de devenir leur cible. Et… tu en sortiras grandie.

— Vous voulez dire que je serai plus puissante ?

— Peut-être, même si je pensais plutôt à la grandeur d’âme, celle que l’on acquiert en œuvrant pour le bien. Rappelle-toi, tout ce que tu fais te revient triplement.

— Hunter est au courant ?

— Oui. Il est contre. Peu importe. Cette décision t’appartient.

— Comment pouvez-vous être sûre que Ciaran me fera confiance ?

— Rien n’est sûr. Mais c’est notre seule chance.

Je me suis tournée vers la fenêtre. Dehors, la nuit était tombée – Eoife était là depuis plusieurs heures. Mes parents étaient sans doute en train d’embarquer à bord de leur navire de croisière.

Si je n’étais pas assez forte pour résister à Ciaran, je deviendrais aussi maléfique que lui. D’un autre côté, en quoi ma vie actuelle était-elle enviable ? J’avais perdu Hunter, j’avais peur d’invoquer ma magye devant mon propre coven… Que me restait-il à perdre ? Réfléchis, réfléchis !

Eoife attendait patiemment, tout comme son professeur avait patienté trois ans, le temps d’apprendre à invoquer le feu.

Étais-je capable d’œuvrer pour le bien ?

Oh ! Déesse, aide-moi.

Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé avant que je pivote enfin vers Eoife.

— Je le ferai.

L'appel
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